Ces villages français surnommés “petites Venise” cachent des merveilles inattendues

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Croyez-le ou non, la France regorge de pittoresques villages que l’on surnomme « petites Venise ». Ici, pas de gondoles napolitaines ni de canicule lagunaire, mais des canaux étroits, des reflets colorés, une authenticité à faire pâlir la Sérénissime… Et surtout, des trésors inattendus qui ne demandent qu’à être découverts lors d’un week-end ou plus si affinités !

Quand la France rivalise avec Venise : tour d’horizon des « petites Venise »

Pas moins d’une cinquantaine de villes et villages français ont droit à leur surnom vénitien. Pourquoi tant d’amour pour la comparaison italienne ? Peut-être parce qu’ici comme là-bas, l’eau façonne les lieux et offre à qui sait lever les yeux (ou la pagaie) des points de vue splendides. Façades colorées, canaux sinueux, marchés flottants… Ces perles hexagonales ont chacune leur caractère, et on y navigue souvent de façon originale, loin du tumulte des grandes villes.

Pont-Audemer : Venise gagne la Normandie

Le charme débute en Normandie, à Pont-Audemer. Déjà en 1689, Madame de Sévigné écrivait à Madame de Grignan sur la beauté de ses bords : « …Ils sont ornés de maisons, d’arbres, de petits saules, de petits canaux qu’on fait sortir de cette grande rivière : en vérité, cela est beau… » Sa « petite Venise » se développe le long de la Risle, où le cuir était roi (Guillaume Le Conquérant, ça vous parle ?). En 1800, la ville comptait 80 tanneurs ! Même Thierry Hermès, oui, celui des chics carrés, y apprit son métier. Aujourd’hui, balade à pied sec ou jeu de piste vous invitent à suivre ses pas… ou à mouiller la chemise, pagaie en main, grâce au club des Castors de la Risle qui vous propose 1h15 de kayak (dès 7 ans).

Amiens, Annecy, Colmar et leurs joies aquatiques

  • Amiens s’enracine dans la dolce vita version nordique. Le quartier Saint-Leu, avec son quai Belu piéton, voit les terrasses bien remplies jusqu’à la tombée de la nuit, avant de passer le relais à la jeunesse pour animer les soirées. Autrefois, les moulins rythmaient la vie de ce quartier d’artisans. Aujourd’hui, le samedi matin, maraîchers et hortillons vous proposent leurs produits depuis des barques à cornet, sur les 300 hectares verdoyants des hortillonnages. Cerise sur le canotier : le Festival international de jardins offre, chaque année au fil des îlots, des installations artistiques poétiques, accessibles en barque.
  • Annecy, la « petite Venise des Alpes », mise tout sur son lac célèbre, indissociable de la cité. Ici, pas de navigation sur les canaux (sauf peut-être pour les poissons), certains étant même souterrains. Le Thiou, exutoire du lac, a longtemps servi à acheminer marchandises et denrées. Pastille historique : l’ingénieur Sadi Carnot y installa des écluses pour profiter de l’eau dans les moulins textiles. Aujourd’hui, la balade sur les quais du Vassé ou du Thiou offre de superbes perspectives – et 38 km de pistes cyclables vous attendent. À pied, à vélo ou à roller, Annecy se découvre tout en douceur.
  • Colmar n’a pas de gondoliers, mais des bateliers qui voguent sur les canaux étroits de la Krutenau, encadrés par des maisons à colombages. Une barque vous mène du pont Saint-Pierre à une zone sauvage, avec en toile de fond la collégiale Saint-Martin. Ici, on oublie le spritz au profit d’un verre de riesling sur les quais fleuris de géranium, et l’ambiance vénitienne perdure avec le carnaval de la Cavalcade chaque année en mars.

L’Isle-sur-la-Sorgue et Brantôme : Venise made in Sud et Périgord

  • L’Isle-sur-la-Sorgue se distingue par ses canaux traversant la cité et ses maisons bâties sur pilotis depuis le XIIe siècle. Elle fut longtemps rattachée au Comtat Venaissin, sous autorité papale. Sa collégiale, Notre-Dame des Anges, mélange roman et décorations XVIIe à l’italienne. Mention spéciale aux Nègo Chin, bateaux de pêche instables maniés debout, pure tradition locale. Côté brocante, la ville est une place européenne de renom, juste derrière Londres et les puces de Saint-Ouen.
  • Brantôme, cœur du Périgord vert, trône sur une île encerclée par la Dronne. Son clocher campanile, datant du XIe siècle (concurrent historique de Saint-Marc à Venise, rien que ça), domine l’abbaye bénédictine. Jardins de moines, maisons Renaissance, pont du XVIe siècle, abris troglodytes et la mystérieuse grotte du Jugement dernier s’offrent aux curieux. Pour découvrir ce patrimoine, optez pour 50 minutes de balade en bateau électrique sur les îlots sauvages, ou bien une virée en canoë.

Conclusion : la France, reine des canaux (et des surprises) !
Qu’on aime la pagaie, la terrasse ou les brocantes, les « petites Venise » françaises ont de quoi charmer les aventuriers comme les flâneurs. Laissez tomber GPS et gondole – laissez-vous porter au fil de l’eau et attendez-vous à de sacrées merveilles… même sans masque de carnaval !